Image : The Fourth King of Hell, late 1300s. Korea, Goryeo dynasty (918–1392). Hanging scroll; ink, color, and gold ink on silk. The Cleveland Museum of Art, Leonard C. Hanna Jr. Fund and museum purchase from various donors by exchange and Partial Gift of The Honorable Joseph P. Carroll and Roberta Carroll, M.D.
Le Cleveland Museum of Art inaugure le 11 octobre 2026 l’exposition « Ten Kings of Hell: The Afterlife in Medieval Korea » dans sa salle des expositions temporaires, où elle restera visible jusqu’au 3 janvier 2027. Le musée a organisé l’exposition en partenariat avec le National Museum of Korea, réunissant plus d’une centaine d’œuvres provenant de collections publiques et privées de Corée, du Japon, des États-Unis et du Royaume-Uni.
Le sujet en est la dynastie Goryeo, qui a régné sur la Corée de 918 à 1392, et la manière dont ses artistes se représentaient ce qui advient après la mort. Selon le musée, l’exposition interroge la façon dont les hommes et les femmes de cette époque imaginaient le monde au-delà de la mort, ainsi que le rôle des objets et des matériaux dans la mise en forme de cet univers imaginé.
Le cœur de l’exposition est constitué d’un ensemble de dix rouleaux suspendus peints au XIVe siècle, chacun représentant l’un des Dix Rois des Enfers. L’ensemble ayant été dispersé, c’est la première fois que ces rouleaux sont présentés côte à côte depuis les années 1960. Vus en séquence, ils retracent le jugement, l’expiation et le salut.
Les galeries sont organisées en trois sections reliées entre elles, qui suivent l’âme de la mort, à travers le purgatoire, jusqu’au paradis bouddhique. Les acquisitions récentes du musée apparaissent au fil du parcours : « The Fourth King of Hell », datant de la fin du XIVe siècle, un « Kṣitigarbha Bodhisattva » du XIVe siècle et un « Knife Sheath » du XIIe siècle, qui a reçu en 2022 le prix Acquisition of the Year décerné par le magazine Apollo. Parmi les autres objets de Goryeo recensés par le musée figurent « The Fifth King of Hell », un brûle-parfum en bronze en forme de lotus daté de 1077, une coupe en céladon ornée d’un motif de pétales de lotus moulé, un brûle-parfum en forme de licorne, un cercueil en pierre sculpté des Quatre Divinités gardiennes et un petit sanctuaire bouddhique portatif.
L’exposition replace également ces œuvres dans leur contexte historique. Le musée met en relation la préoccupation de l’époque pour le purgatoire avec les troubles politiques et les tensions environnementales, notamment les fluctuations climatiques du Petit Âge glaciaire et la propagation de la peste noire.
Des œuvres contemporaines prolongent le thème jusqu’à nos jours. « Bending Willow Branches » (2025), d’Anicka Yi, ouvre l’exposition, tandis que l’installation immersive « Belated Bosal » (2019), de Park Chan-kyong, aborde la catastrophe environnementale et ses conséquences. Gala Porras-Kim, lauréate d’une bourse MacArthur en 2025, a réalisé « The Third King of Hell Afterimage » (2025) pour l’exposition, s’interrogeant sur le devenir des objets une fois entrés dans les collections occidentales. Des œuvres de Do Ho Suh, Noh Sang Kyoon et du vénérable Song Cheon sont également présentées.
Les dispositifs numériques comprennent une vue en 3D d’un contenant à sutras et un grand « Zoom Wall » permettant d’examiner les détails des peintures, ainsi que des installations audio et vidéo, dont le son d’une cloche de temple bouddhique. Un catalogue dirigé par Sooa Im McCormick et Yukio Lippit, avec des contributions d’In Hee Song, accompagne l’exposition.