Image : Lisa Sette Gallery, Phoenix
La newsletter estivale de la Lisa Sette Gallery met à l’honneur Benjamin Timpson, dont la pratique du portrait utilise des ailes de papillon déconstruites pour composer des images qui abordent la mémoire, la nature, la métamorphose et la survie. Les documents de la galerie consacrés à l’artiste présentent ces œuvres comme à la fois d’une grande complexité formelle et d’une urgente portée sociale, avec notamment des portraits de femmes autochtones et une image récente de l’activiste en faveur des papillons Homero Gómez González, parmi les exemples mis en avant dans le numéro 24 de la newsletter.
Dans la présentation de la galerie, le travail de Timpson s’enracine dans un tournant survenu en 2017 : après qu’un test ADN a confirmé l’ascendance pueblo de sa famille, dissimulée depuis plusieurs générations, et après qu’une proche a été violemment battue par son compagnon, il a commencé à réaliser des portraits de femmes autochtones. La newsletter indique que cet ensemble répond aux taux disproportionnés de violences et d’homicides qui touchent les femmes autochtones, tout en leur rendant leur capacité d’agir.
La méthode de Timpson associe collage réalisé à la main et procédés photographiques et numériques. Selon le texte de la galerie, il travaille à partir de photographies que lui remettent les sujets ou les membres de leur famille, ou de bases de données consacrées aux femmes disparues, puis utilise des outils de grossissement et de précision pour agencer des ailes de papillon provenant de sources responsables sur des caissons lumineux commandés par Arduino. Il réalise également des photographies grand format des collages originaux, prolongeant ainsi l’œuvre au-delà de l’objet construit lui-même.
L’image mise en avant par la newsletter, « Lorena » (2026), est décrite comme un collage de papillons réalisé avec des ailes de papillon sur verre, bois et composants électriques, et encadré dans un panneau lumineux LED programmable fabriqué sur mesure. La galerie décrit les portraits de Timpson comme présentant leurs sujets sous la forme d’êtres tissés à partir des matériaux complexes de la mémoire, de la nature, de la métamorphose et de la survie, les motifs changeants des ailes de papillon suggérant à la fois l’éphémère et l’humanité vécue.
Une deuxième œuvre, « Homero Gómez González » (2025), est décrite sur la page de l’artiste comme le portrait de ce bûcheron du Michoacán devenu activiste en faveur des papillons, qui a disparu avant d’être retrouvé assassiné dans la réserve de papillons monarques d’El Rosario, rattachée à la réserve de biosphère du papillon monarque. La galerie précise que Gómez González a fondé cette réserve après avoir pris conscience de l’impact de la déforestation sur les papillons monarques qui passent l’hiver dans sa ville d’El Rosario.
Le texte de la newsletter relie le portrait au matériau qu’il met en œuvre, en rappelant que les ailes de papillon ont la capacité biologique de modifier leurs teintes, en transmettant et en réfléchissant la lumière. Dans cette perspective, l’œuvre associe changement biologique et récit culturel, présentant le portrait comme une forme capable de contenir sur une même surface le deuil, l’activisme et la résilience.
Timpson figure dans le numéro 24 de la newsletter de la Lisa Sette Gallery aux côtés d’artistes tels que Sonya Clark, Ala Ebtekar, Duane Michals, Jan Maarten Voskuil, Sam Frésquez, Ato Ribeiro, Binh Danh, Timothy Horn, Xawery Wolski et Julianne Swartz. La Lisa Sette Gallery se trouve au 210 East Catalina Drive, à Phoenix, en Arizona ; ses horaires d’ouverture sont indiqués du mardi au vendredi, de 10 h à 16 h, et le samedi, de 11 h à 16 h.