Image : Magnes Collection of Jewish Art and Life, Berkeley
Alors que les États-Unis célèbrent leur 250e anniversaire, la Magnes Collection of Jewish Art and Life de Berkeley s’appuie sur des objets de ses fonds pour inscrire l’histoire, l’art et la culture juifs dans le récit national. Dans un nouveau dossier en ligne, « Woven into the Fabric: 250 Years of Jewish Life in America », le musée met en lumière la devise américaine E Pluribus Unum — « De plusieurs, un » — à travers les témoignages matériels de la manière dont les communautés juives ont contribué à façonner le pays tout en préservant des traditions distinctes.
La Magnes indique que ce projet s’appuie sur des œuvres de sa collection pour évoquer une histoire commune qui honore la diversité culturelle. Le dossier s’ouvre sur l’idée que la vie juive en Amérique s’est constituée au fil d’une longue succession de communautés, depuis une petite population coloniale de Juifs d’origine séfarade jusqu’aux vagues ultérieures d’immigrants européens, méditerranéens, nord-africains, moyen-orientaux et asiatiques. Plutôt que de présenter cette histoire comme un récit unique, le musée la donne à voir comme une tapisserie d’objets, chacun porteur de son propre contexte social, religieux et politique.
Parmi les exemples mis en avant figure « The United States of America » d’Arthur Szyk (1945–1951), que le musée décrit comme un point d’ancrage visuel du thème de l’anniversaire. L’œuvre associe le Grand Sceau et E Pluribus Unum à des images de réalisations industrielles et civiques, notamment le bateau à vapeur du Mississippi et le Golden Gate Bridge, tout en entourant ces monuments de portraits des personnes qui les ont construits. La Magnes relie cette image à l’identité de Szyk, réfugié juif polonais ayant fui le totalitarisme nazi et voyant dans la diversité la force de l’Amérique.
Un autre objet majeur est une housse de challah datant du milieu du XIXe siècle, réalisée pour Gedalyah Ullman en 1852. Elle représente l’aigle à tête blanche américain au-dessus de la devise E pluribus unum et comporte un texte hébraïque citant l’Exode 16:29 : « Voyez que l’Éternel vous a donné le sabbat. » Le musée se sert de cet objet pour illustrer la manière dont les Juifs américains du XIXe siècle conciliaient vie religieuse et appartenance civique, transformant un textile de table de chabbat en une déclaration visible d’une double identité.
Le dossier s’intéresse également aux moments de conflit et de fracture. En 1861, un portrait lithographié du rabbin Max Lilienthal a été dégradé par Jacob A. Cohen, de La Nouvelle-Orléans, qui a modifié l’image en réaction au soutien de Lilienthal à l’Union. La Magnes présente cet objet comme le témoignage de la manière dont la lutte pour la liberté et les droits humains a divisé les communautés, les groupes religieux et les familles durant la guerre de Sécession. La notice de l’objet attribue la lithographie originale à Nagel and Weingärtner, d’après S. Schuster.
Le musée passe ensuite à des documents du XXe siècle qui relient la vie juive à la guerre, à l’immigration et à la culture populaire. Il cite une affiche de la Première Guerre mondiale datée de 1917, « Share », créée pour la Jewish Relief Campaign, ainsi que « The Common Cause » d’Arthur Szyk (1943), qui représente trois hommes — un homme blanc, un Afro-Américain et un Juif — travaillant ensemble aux côtés d’un char. Le dossier évoque également l’héritage juridique des juges de la Cour suprême Benjamin N. Cardozo et Ruth Bader Ginsburg, ainsi que « Hands: Blessing » (2002) de Leonard Nimoy, que le musée met en relation avec le salut vulcain qu’il a adapté pour « Star Trek ».
Le dossier consacré à l’anniversaire est publié parallèlement aux informations estivales de la Magnes et à ses annonces de programmation. Le musée indique que ses horaires d’ouverture habituels au public sont suspendus pendant l’été et reprendront pour le semestre d’automne le mercredi 2 septembre 2026. Sa prochaine exposition, « Nancy Lee Katz: A Private Pantheon », ouvrira au public à la même date et se poursuivra jusqu’au 13 mai 2027, au 2121 Allston Way, à Berkeley.