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La rétrospective de Frederick Lynch retrace des décennies d’évolution formelle à Woolwich

La rétrospective de Frederick Lynch retrace des décennies d’évolution formelle à Woolwich Image : Gallery U, Montevideo

Une rétrospective de petit format consacrée à Frederick Lynch est visible à Woolwich jusqu’au 16 août. Elle réunit des œuvres qui retracent l’évolution des approches de l’artiste, des années 1980 à ses abstractions figuratives tardives. Présentée dans la galerie de Sarah Bouchard, elle fait partie des trois expositions consacrées au Maine recensées cette semaine et s’intéresse à un artiste qui a traversé une longue série de transformations formelles avant sa mort en 2016.

Selon la critique, Bouchard a « accompli un travail remarquable » en faisant ressortir les principaux jalons de la carrière de Lynch, à commencer par deux eaux-fortes des années 1980. L’installation se poursuit avec des œuvres colorées et fondées sur des motifs, réalisées en 1988, dont deux sont présentées ici. Ces peintures marquent une étape majeure dans l’évolution de Lynch : elles fragmentent le rectangle en segments plus petits, une idée structurelle qui allait devenir centrale dans son œuvre ultérieure. Les pièces de 1988 sont décrites comme des compositions proches du collage, où s’entrecroisent architecture et paysage, tout en demeurant clairement abstraites et en affichant une tonalité proche du pop art.

La critique souligne que le mélange de couleurs saturées de Lynch constitue l’une des qualités les plus saisissantes de ces œuvres, en observant la dimensionnalité qu’il confère à chaque élément des compositions. Cette préoccupation pour la division et le découpage continue de traverser l’exposition. En 1994-1995, les peintures « Rotoform » de Lynch transposent cette saturation chromatique sur des toiles circulaires, plus libres et plus organiques ; cette évolution est présentée comme une rupture substantielle et sensuelle avec les œuvres antérieures fondées sur le rectangle.

La rétrospective se tourne ensuite vers les peintures « Division » de Lynch, réalisées dans les années 2010, où l’artiste revient à la segmentation avec une intensité renouvelée. La critique cite une déclaration faite lors d’une visite d’atelier en 2010, dans laquelle Lynch décrivait son travail comme le reflet de sa fascination pour « l’idée que la subdivision répétée d’une zone donnée peut produire une infinité de variations de formes ». Une œuvre mise en avant, « Division Piece #74 », de 2013, est décrite comme une image géométrique extrêmement complexe, obtenue en creusant un motif semblable à de la dentelle dans de la mélamine, en l’encrant, puis en essuyant l’excédent.

L’exposition se concentre ensuite sur les peintures et dessins à l’encre de Lynch de la série « Divided Man ». La plus grande œuvre évoquée, « Divided Man 32 — Earthly Only », superpose trois motifs pour représenter une figure masculine qui semble presque transparente, constituée d’une structure évoquant la filigrane plutôt que d’une forme solide. Plusieurs versions à la gouache sur papier sont également présentées. Elles témoignent de la même attention portée au motif et à la présence humaine et suggèrent, selon l’interprétation de la critique, une image de l’existence inscrite dans une matrice plus vaste.

Les dernières œuvres de l’exposition sont des dessins à l’encre et des autoportraits de 2016, l’année où Lynch est mort d’un cancer. La critique observe que, dans ces dessins, il semble devenir « la matrice elle-même », avec des contours qui s’étendent au-delà des limites humaines ordinaires. Un dessin, « Divided Man Drawing #9 », est distingué pour sa note plus légère : les lunettes de Lynch sont laissées exemptes de subdivision et de motifs, ce qui le fait ressembler à l’Homme invisible du film de science-fiction de 1933. L’exposition est visible dans la galerie de Sarah Bouchard, à Woolwich, jusqu’au 16 août.

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