Image : Photograph from music video of GENER8ION, STORM, 2026. Courtesy of GENER8ION
GENER8ION, le duo formé par le producteur et compositeur Surkin et le réalisateur Romain Gavras, présentera l’installation immersive « GOD HATES SPACE » dans la Rotonde d’Antin du Grand Palais, à Paris, du 22 au 25 octobre 2026. L’œuvre est présentée par Art Basel Paris avec Live Nation France et Iconoclast Music, et son accès est gratuit par l’entrée 4 de l’édifice.
L’installation associe film, musique et architecture autour d’un écran double face de 12 mètres. Sa fiction se déroule en 2034, dans un Idaho indépendant, et prend la forme d’une vidéo de propagande réalisée par l’Armée de libération d’Agartha, un groupe insurgé fictif né d’une communauté en ligne appelée 6Chan. Le groupe croit que la Terre est creuse et que le salut se trouve en son sein, tandis que sa théologie interdit l’exploration spatiale. La structure elle-même fait écho au monolithe de « 2001 : L’Odyssée de l’espace », représenté ici couché sur le côté.
Surkin et Gavras ont fondé GENER8ION il y a un peu plus de dix ans, s’appuyant sur une amitié qui, selon leurs propres dires, remonte à une vingtaine d’années. D’après Art Basel, leurs références communes vont du rap américain et des jeux vidéo japonais à la scène French Touch 2.0 et à la techno de Detroit. Leur clip « STORM », avec le rappeur Yung Lean et chorégraphié par Damien Jalet, s’est largement diffusé en ligne : il dépeignait un futur proche menaçant et une vision sombre de la masculinité. Il a été suivi de « STORM II ». Leur album « Love & Tears » est sorti en juin 2026, et les longs-métrages de Gavras comprennent notamment « Sacrifice » (2025).
Dans un entretien avec Art Basel, les artistes décrivent une manière de travailler sans méthode fixe, fondée sur de longues discussions autour des images et du son. Ils expliquent être attirés par des scénarios de futur proche qui évitent les clichés familiers sur la technologie, et se demandent plutôt ce qui pourrait advenir si les trolls en ligne gagnaient en visibilité et si les idées politiques devenaient plus extrêmes. Ils envisagent également leur travail comme un mouvement entre écrans et espaces physiques, et l’ont déjà présenté à la Bourse de Commerce – Pinault Collection, à Paris, ainsi qu’à 180 Studios, à Londres. Ils ajoutent que la chorégraphie transmet l’émotion d’une manière que sa mise en mots affaiblirait.
Le vendredi 23 octobre, l’installation restera ouverte jusqu’à 22 h 30.