Image : Franz Gertsch Museum, Burgdorf
Le Museum Franz Gertsch de Berthoud a présenté « Die Siebziger » du 21 mars au 4 octobre 2020, en plaçant l’exposition sous le signe du 90e anniversaire de Franz Gertsch, qu’il a célébré le 8 mars 2020. Le musée a décrit cette manifestation comme une importante présentation réunissant de nombreux prêts de Suisse et de l’étranger, centrée sur des peintures majeures des années 1970, la décennie au cours de laquelle Gertsch a connu la consécration.
Plutôt que de concevoir l’exposition comme une rétrospective exhaustive, le musée a profité de cet anniversaire marquant pour revenir sur une période formatrice de la carrière de l’artiste. La sélection réunissait des œuvres de grand format qui avaient pour la première fois attiré sur Gertsch l’attention et la reconnaissance internationales, et la présentation soulignait la force durable de ces peintures. Selon le texte de présentation du musée, les œuvres conservent l’élan artistique et l’attraction visuelle qui les caractérisaient lors de leur première apparition.
L’exposition montrait également comment la méthode de Gertsch s’était développée à la fin des années 1960. Le texte du musée situe en 1969 son engagement en faveur du photoréalisme, année où il découvre la photographie comme fondement de son travail. Le premier exemple cité est « Huaa...! », une peinture réalisée d’après une image extraite d’un film et reproduite dans le magazine « Salut les Copains ». Dès lors, la photographie — généralement prise par l’artiste lui-même — est devenue pour lui une sorte d’esquisse ou de partition, guidant la réalisation des peintures.
Le récit du musée présente les années 1970 comme une période au cours de laquelle Gertsch transposait des photographies du quotidien en images monumentales. Des instantanés familiaux, notamment des scènes de ses enfants dans le bain et de son épouse Maria pique-niquant avec leur fils Benz, ont été transformés en peintures de grand format. D’autres œuvres sont nées d’un voyage dans le sud de la France, où il a photographié des jeunes filles sinti et roms jouant au bord de la mer, avant de développer ces images dans le cycle « Saintes Maries de la Mer ». L’exposition retraçait également le travail de l’artiste avec le jeune peintre lucernois Luciano Castelli, dont la présence changeante devant l’objectif est devenue un sujet majeur des peintures de Gertsch.
Castelli occupe une place centrale dans le récit de l’exposition. Le musée relève qu’il fut, aux côtés de Patti Smith, l’un des protagonistes les plus importants des peintures de Gertsch dans les années 1970. Dans ces œuvres, Castelli apparaît dans des images uniques denses et des compositions réunissant plusieurs figures, avec des amis tels que Marina, Barbara, Gaby, Irene et Franz. Le musée décrivait ces peintures comme la création d’un monde façonné par la tension entre une réalité éclatante et une interprétation poétique et imaginative. Dans l’exposition, ces œuvres incarnaient l’énergie sociale et créative de la décennie.
Le texte de l’exposition identifiait également deux acteurs extérieurs ayant accompagné l’ascension de Gertsch : les commissaires et concepteurs d’expositions Jean-Christophe Ammann et Harald Szeemann, qui découvrirent son travail à cette époque. Le musée a affirmé que l’exposition anniversaire démontrait que les peintures n’avaient rien perdu de leur esprit originel. Une présentation connexe, « Luciano Castelli. Reckenbühl », s’est tenue aux mêmes dates dans l’espace cabinet du musée, qui signalait également une coopération avec le LENTOS Kunstmuseum Linz, où l’exposition devait être présentée du 30 octobre 2020 au 18 avril 2021. À Zurich, « Franz Gertsch. Looking Back. Hommage zum Neunzigsten », à la Graphische Sammlung ETH Zürich, était annoncée du 1er septembre au 15 novembre 2020.