Image : Wiigwasitig / waskway / Honouring the Birch Tree, Art Gallery of Burlington, 2026. Photo: Darren Rigo
L’Art Gallery of Burlington, en Ontario, présente « Wiigwasitig / waskway / Honouring the Birch Tree », une exposition réunissant les œuvres de cinq artistes des Premières Nations qui ont l’écorce de bouleau pour matériau commun. Placée sous le commissariat d’Albany Sutherland, elle est visible dans la Lee-Chin Family Gallery de l’institution jusqu’au 3 janvier 2027.
Les artistes, issus de communautés anishinaabe et nêhiyaw (crie), sont Pat Bruderer (Halfmoon Woman), Helen Pelletier, Amber Sandy, Seth Arcand et la regrettée Angelique Merasty. Leurs œuvres couvrent la morsure d’écorce de bouleau, la vannerie, le cinéma, la photographie et l’art à porter, mêlant formes traditionnelles et contemporaines autour des thèmes de la transmission intergénérationnelle des savoirs et de la guérison.
Née à Beaver Lake, au Manitoba, en 1924, et membre de la Peter Ballantyne Cree Nation, Merasty a appris la morsure d’écorce auprès de sa mère, Susan Ballantyne, avant de développer des motifs inspirés des plantes et des animaux. Sa première exposition personnelle a eu lieu à la Thunder Bay Art Gallery en 1983, et ses œuvres figurent dans les collections du Museum of Man and Nature de Winnipeg et de la Smithsonian Institution. Bruderer, elle aussi membre de la Peter Ballantyne Cree Nation et aujourd’hui établie à Winnipeg, a appris cette forme d’art auprès de Merasty, la pratique depuis plus de 30 ans et l’enseigne aux jeunes.
Pelletier, artiste anishinaabe de la Fort William First Nation, travaille l’écorce de bouleau depuis vingt ans. Elle récolte elle-même l’écorce et les racines d’épinette pour confectionner des paniers, des étuis à fusil et des pièces à porter gravées. Sandy, originaire de Neyaashiinigmiing (Chippewas of Nawash First Nation), travaille le tannage des peaux, le perlage, le tuftage et la fourrure ; parmi ses œuvres présentées dans l’exposition figurent « Enchantment », réalisée avec des piquants de porc-épic récoltés sur plusieurs générations, et « Mashkiki », un titre qui signifie « médecine » en anishinaabemowin. Arcand, cinéaste cri de la kipohtakaw Cree Nation, en Alberta, présente des photographies, un film en 16 mm et une vidéo numérique consacrés aux relations entre les populations et le bouleau. Ces œuvres ont été réalisées selon une méthode délibérément lente, ancrée dans le principe nêhiyaw du wahkohtowin, qui désigne les liens entre les êtres humains, la terre, les animaux et l’eau.
Selon la galerie, l’exposition montre comment les savoirs autochtones sont activement revitalisés : bien que la transmission des pratiques culturelles ait été perturbée, chaque artiste entretient des liens étroits avec sa communauté et partage ses compétences avec les jeunes générations ; la commissaire présente en outre la galerie elle-même comme un lieu d’apprentissage et d’échange.
L’exposition s’inscrit dans la série Community Generator de la galerie. Elle bénéficie du soutien de TD Bank Group, dans le cadre de la TD Ready Commitment, ainsi que du parrainage du Rotary Club of Burlington Lakeshore.