Grâce à un dépôt exceptionnel du Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne, à Paris, « Le Plancher de Jeannot », œuvre d’art brut de Jean Crampilh-Broucaret, est présenté dans l’exposition « Le genre idéal ».
L’œuvre a été découverte gravée dans le plancher d’une ferme du Béarn et est présentée dans la section consacrée au genre de la peinture d’histoire.
Au-delà de son histoire, le dépôt de quatre ans consenti par le Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne, ainsi que sa présentation actuelle, répondent au désir d’interroger la place ou le rôle des curiosités.
Réalisée en 1971–1972, l’œuvre se compose de lames de parquet en chêne perforées et gravées en deux parties, le texte ayant été incisé à l’aide d’une perceuse et d’un couteau à sculpter le bois dans des lames de chêne.
Elle n’a de véritable équivalent que dans l’art anonyme des graffitis, le folklore des lieux interlopes tel que l’ont appréhendé Brassaï et Dubuffet, ou l’agitation des écrits bruts.
Bien que tous ses mots soient lisibles et compréhensibles, « Le Plancher de Jeannot » prend le caractère d’une pierre de Rosette qui, malgré sa dimension testamentaire, n’a pas encore livré son dernier mot.