Image : Beelden aan Zee, The Hague
L’exposition, la première que le musée consacre à la sculpture en cire, s’articule autour d’une image lituanienne de tradition populaire et religieuse, réinterprétée sous la forme d’un ensemble d’œuvres translucides façonnées par des questions de migration, de mémoire et de foyer.
Dzelzytė part d’un Rūpintojėlis sculpté dans le chêne — également connu sous le nom de Christ méditatif — réalisé par le sculpteur lituanien d’art populaire Algirdas Butkevičius. Cette figure était omniprésente dans le paysage lituanien : on la trouvait le long des routes, aux carrefours, dans les chapelles et près des maisons. Elle en est venue à être associée au départ, à la perte et au retour.
Pour l’exposition, Dzelzytė transforme la sculpture en bois de Butkevičius en dix sculptures transparentes en cire. Les œuvres brillent comme des cierges votifs et évoquent les églises de village, les chapelles et les rituels commémoratifs domestiques. Aucun moulage n’étant identique à l’original, chacun en conserve les traces tout en adoptant sa propre forme.
L’installation s’inscrit dans une série au long cours dans laquelle Dzelzytė transpose dans la cire des fragments architecturaux, des objets du quotidien, des objets religieux et des formes issues de la culture populaire. Elle considère les objets culturels comme des vecteurs vivants de l’expérience humaine ; le moulage leur donne une nouvelle existence tout en préservant leurs origines. Pour l’artiste, la cire est une matière en mouvement perpétuel, une qualité qui nourrit son intérêt pour la manière dont le patrimoine culturel se transmet et acquiert de nouvelles significations au fil du temps.
Dzelzytė a quitté la Lituanie il y a plus de dix ans. L’œuvre s’interroge sur ce qui subsiste lorsque le retour au pays n’est plus possible, situant le foyer dans des objets, des gestes, des prières, des odeurs et des récits dont le sens évolue avec le temps. Son titre ne renvoie pas simplement aux carrefours, mais à des routes qui se sont croisées : des vies façonnées par les voyages, les occasions manquées, l’évolution des identités et des récits qui relient les générations.