Image : Kunsthal, Rotterdam
Le Kunsthal Rotterdam a célébré le 90e anniversaire de Woody van Amen le 26 août 2026, à mi-parcours de « Woody van Amen. The Best of », la rétrospective inaugurée le 25 avril 2026 dans le Hal 4. L’exposition se poursuit jusqu’au 4 octobre 2026 et rend hommage à l’un des artistes néerlandais les plus influents de l’avant-garde d’après-guerre.
L’exposition présente des œuvres majeures d’un corpus s’étendant sur plusieurs décennies et suit le travail de l’artiste depuis le début des années 1960, période où van Amen est devenu l’un des pionniers du pop art aux Pays-Bas. Elle va des peintures et assemblages pop art aux dessins taxat, retraçant la manière dont il a mis à l’épreuve les frontières de la culture visuelle, de la technologie et de la spiritualité.
L’une des œuvres singulières présentées est « Habanera » (1961), alors présentée comme la plus longue peinture du monde : van Amen l’a peinte sur un rouleau de carton pour orgue de barbarie de treize mètres, ajoutant sa propre partition abstraite et expressionniste sur les trous qui déterminent la musique. Dans les années 1960, il s’est rendu aux États-Unis, où il a rencontré notamment Andy Warhol et Robert Rauschenberg. La rencontre avec une scène artistique obnubilée par les objets du quotidien, les noms de marques et l’imagerie de la consommation est visible dans ses premières peintures, qui intègrent des noms tels que RVS, Philips et Wrigley dans des scènes de rues urbaines composées d’enseignes au néon, de logos et de formes industrielles.
Les assemblages combinent des éléments d’objets du quotidien qui bougent, produisent des sons ou figent les choses, parmi lesquels ses machines à glace. Ils sont présentés aux côtés des objets Vibro, des sculptures qui vibrent grâce à de petits moteurs ou à des pièces mécaniques récupérées sur des équipements mis au rebut. La chaise électrique revient comme un thème inspiré du versant le plus sombre de la culture américaine, isolé par van Amen pour devenir un objet sculptural autonome.
Un autre axe de son travail est l’utilisation de symboles rencontrés au cours de ses voyages, dont beaucoup portent à l’origine des connotations religieuses : les dessins de marionnettes d’ombre indonésiennes et d’autres motifs témoignent d’influences asiatiques. Le Taxat, un motif en double croix qu’il a remarqué dans la sellerie d’un taxi de Singapour et qu’il a nommé d’après le lieu où il l’a découvert, est devenu l’un des symboles les plus familiers de son œuvre. Il en a également fait réaliser une représentation mathématique de la forme tridimensionnelle, construite à partir de treize cubes. Le sommet du Cervin et les drapeaux de prière népalais reviennent eux aussi dans son travail.
Le Kunsthal Rotterdam décrit l’exposition comme une collaboration entre l’institution, l’artiste et la commissaire invitée Irma Boom, qui a rejoint le projet à l’initiative de Julius Vermeulen, fondateur d’EENWERK. Plusieurs œuvres présentées sont une courtoisie d’EENWERK, parmi lesquelles « Pura Melanting » (1978), « Landschape with Two Horizons » (2003) et un « Vibro-object » de 1971. Le partenaire de l’exposition est la Stichting Erasmus, avec le soutien du Mondriaan Fund et de la Stichting Droom en Daad.
L’article consacré à l’anniversaire figurait dans une newsletter plus large du Kunsthal, dont les autres entrées portaient sur le dernier week-end de « Flowers Forever », un vote du public pour le prix de l’exposition du Museumtijdschrift, un événement KunstKoppels lié à « Helen Levitt. City at Play » et une édition de Friday Night LIVE en septembre avec le Wildlife Film Festival Rotterdam. Ces éléments sont distincts de la rétrospective van Amen. La newsletter comportait également une vidéo consacrée à l’exposition, créditée à Hunted Agency.