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« San Cristobal » de Kukuli Velarde exposée au Johnson Museum de Cornell

« San Cristobal » de Kukuli Velarde exposée au Johnson Museum de Cornell Image : Kukuli Velarde, ‘San Cristobal’, from the series Corpus (detail). Installation image for the exhibition ‘San Cristobal by Kukuli Velarde’, Herbert F. Johnson Museum of Art, Cornell University, Ithaca, New York. Courtesy Herbert F. Johnson Museum of Art

La sculpture « San Cristobal » de Kukuli Velarde est présentée au Herbert F. Johnson Museum of Art de l’université Cornell, dans la galerie Opatrny, au 2e étage (niveau 2L), du 11 juillet 2026 au 7 février 2027. La présentation a été réalisée sous le commissariat de Hugo C. Ikehara-Tsukayama, conservateur Harris Family des arts des Amériques du musée, et soutenue en partie par le Russell ’77 and Diana Hawkins Exhibition Fund.

Velarde, née à Lima en 1962, a réalisé cette œuvre pour sa série Corpus, composée de quinze sculptures inspirées par la célébration annuelle de la Fête-Dieu à Cusco. Selon le musée, la série puise dans les codes visuels des civilisations autochtones anciennes et contemporaines afin de remettre en question l’idée d’une esthétique universelle — une idée que le musée décrit comme façonnée par les canons européens de la beauté et imposée par des siècles d’oppression.

Le musée retrace l’histoire qui sous-tend cette figure. Au XVIe siècle, les Espagnols ont remplacé les célébrations religieuses andines et les entités locales divinisées par la Fête-Dieu et le panthéon catholique ; la fête en est venue à symboliser la domination de la population autochtone, qui défilait en costumes ethniques reconnaissables durant l’époque vice-royale. La mère de Velarde a vu fixer un gros rocher au char transportant saint Christophe — potentiellement une huaca, une entité animée de la cosmologie andine. Exécutée dans une esthétique inspirée du style nasca ancien, la sculpture est présentée comme une image du syncrétisme, qui révèle également l’autre présence dissimulée sous les traits du saint chrétien, et comme un témoignage de la résistance aux impositions culturelles, esthétiques et religieuses.

La sculpture complète « Checán Stereo », présentée dans la galerie de l’aile adjacente au même étage, une installation de l’artiste péruvien Fernando « Huanchaco » Gutiérrez, basé à Lima et né en 1978, visible du 28 août 2026 au 7 février 2027. À travers des reproductions de mots en muchik, une langue autochtone aujourd’hui éteinte, et une vidéo du paysage de la côte nord du Pérou, l’installation impose une reconnexion entre les sculptures mochicas datant de 400–850 apr. J.-C. et leurs origines, soutenant que les objets retirés de leur contexte archéologique perdent leur histoire, leur signification et leurs liens cosmologiques. Ikehara-Tsukayama a également assuré le commissariat de cette exposition, coparrainée par le consulat général du Pérou à New York. Gutiérrez évoquera l’œuvre avec Paulina Velázquez Solís au musée le vendredi 28 août à 17 heures ; une réception suivra.

Le Johnson Museum conserve plus de 40 000 œuvres et se trouve au 114 Central Avenue, à Ithaca, dans l’État de New York. L’entrée est gratuite ; le musée invite les visiteurs à consulter son site internet pour connaître les horaires en vigueur.

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