Image : Ogunquit Museum of American Art, Ogunquit
Le Ogunquit Museum of American Art inaugurera le 6 août 2026 « Carl Sprinchorn: All the World is a Painting », une exposition majeure consacrée à une figure méconnue du modernisme américain, selon le musée. Présentée jusqu’au 15 novembre, l’exposition se veut une réévaluation substantielle de l’œuvre de Sprinchorn, que le musée inscrit dans des réflexions plus larges sur le modernisme, l’histoire queer, les préoccupations environnementales et les échanges artistiques transnationaux.
Selon la page consacrée à l’exposition sur le site du musée, Carl Sprinchorn est né en Suède et est arrivé à New York en 1903 pour étudier auprès de Robert Henri. L’artiste, identifié dans les documents sources comme Sprinchorn (1887–1971), a développé une pratique éclectique nourrie par les voyages et les communautés artistiques. Le musée indique qu’il évoluait dans des cercles comprenant notamment Marsden Hartley, Charles Demuth, Marguerite et William Zorach, B.J.O. Nordfeldt et Florine Stettheimer, l’inscrivant ainsi dans le réseau de l’art américain du début du XXe siècle.
L’OMAA affirme que l’exposition vise à attirer de nouveau l’attention sur la contribution de Sprinchorn à l’art américain, tout en le faisant sortir d’un cadre strictement régional. Selon les termes du musée, le projet retrace la manière dont les voyages, l’industrie, la sexualité, le genre et la classe sociale ont façonné son œuvre, dans le Maine comme au-delà de cet État. L’exposition est organisée conjointement par la commissaire invitée Donna Cassidy et Devon Zimmerman, commissaire de l’art moderne et contemporain à l’OMAA.
La présentation du musée insiste sur l’étendue des sujets abordés par Sprinchorn. Bien qu’il soit depuis longtemps associé au Maine, où il a réalisé certaines de ses images les plus saisissantes, sa carrière comprend également des scènes provenant d’autres lieux et contextes. L’OMAA souligne ses allers-retours entre les sujets issus de la classe ouvrière et les scènes de loisirs, ainsi qu’entre les portraits intimistes et les compositions animées représentant des bûcherons, des chasseurs, des danseurs et des nageurs. L’exposition présente ces sujets comme participant à la manière dont Sprinchorn négociait son identité d’immigrant suédois, d’homme gay et de peintre moderne attentif à l’évolution des notions de région, de nation, de travail et de monde naturel.
Dans le texte de l’exposition, Zimmerman déclare que « All the World is a Painting » repositionne Sprinchorn au-delà d’un cadre régionaliste et contribue à mettre en lumière les complexités du modernisme américain au début du XXe siècle. Le musée souligne également que l’exposition permettra de replacer sa pratique dans le contexte de l’histoire queer et de ses liens avec le Maine, où il a réalisé certaines de ses œuvres les plus fortes.
L’exposition est présentée parallèlement à un autre projet consacré à Sprinchorn au Bates College Museum of Art. L’OMAA indique que « Carl Sprinchorn: Points of View » y sera visible du 1er octobre au 19 décembre 2026 et que les deux expositions réuniront la présentation la plus complète à ce jour de ses peintures et dessins. Le musée précise également qu’un catalogue, « Carl Sprinchorn: A Rediscovery », sera publié par University of Maine Press en août 2026, en collaboration avec l’OMAA et le Bates College Museum of Art, et rassemblera plus de 180 esquisses et peintures.
La saison 2026 de l’OMAA se déroulera du 10 avril au 15 novembre. Le musée précise que plusieurs galeries resteront fermées jusqu’au 5 août pendant l’installation de l’exposition. Un programme public associé, « OMAA Conversations: Jonathan Katz », est prévu le 13 août de 17 à 19 h, tandis qu’une heure du conte pour enfants organisée avec la Ogunquit Memorial Library est programmée le 18 août de 10 à 11 h dans le jardin de sculptures, si les conditions météorologiques le permettent.