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Andrés Duprat revient sur la place de Juan Carlos Distéfano dans la culture visuelle argentine

Andrés Duprat revient sur la place de Juan Carlos Distéfano dans la culture visuelle argentine Image : National Museum of Fine Arts, Argentina, Buenos Aires

Andrés Duprat, directeur du Musée national des Beaux-Arts de Buenos Aires, a écrit un hommage à Juan Carlos Distéfano qui présente l’artiste comme une figure centrale de la culture visuelle argentine. Dans un essai publié dans la Revista Ñ de Clarín, Duprat dépeint Distéfano à la fois comme graphiste et sculpteur, dont le travail associait recherche technique, expérimentation sur les matériaux et attention soutenue à l’impact visuel.

Le texte présente Distéfano comme un artiste qui a contribué à définir des aspects essentiels du langage visuel argentin du XXe siècle. Duprat le décrit comme un « véritable érudit de l’art », évoquant une figure caractérisée par une vaste culture, un regard acéré et un intérêt durable pour les expositions, les livres et les films. L’hommage rend compte autant d’une pratique artistique que du portrait d’un homme dont les collègues se souviennent pour sa chaleur humaine et sa générosité.

Une partie centrale du récit de Duprat est consacrée au séjour de Distéfano en Italie dans les années 1960, où il a étudié directement la sculpture classique avant de réinterpréter ces formes à travers les préoccupations de son époque. Duprat relie cette expérience à une pratique sculpturale centrée sur le corps et définie par la tension, la torsion et la rupture formelle. Il souligne que Distéfano s’est affranchi des conventions sculpturales de son temps en utilisant du polyester renforcé de fibre de verre, des résines synthétiques, des peintures industrielles et d’autres procédés expérimentaux inhabituels pour l’époque.

Duprat met également en lumière le travail de Distéfano à l’Instituto Di Tella, où il a créé et dirigé le département de design graphique. Il y a contribué à élaborer l’identité visuelle de l’institution et à professionnaliser le design au sein d’un important environnement d’avant-garde. Dans le récit de Duprat, cette fonction a placé Distéfano au cœur du design de communication moderne dans les années 1960, alors que le renouveau artistique transformait la culture argentine.

L’article rappelle également le contexte politique difficile de la fin des années 1970, lorsque Distéfano a quitté l’Argentine pour Barcelone avec son épouse, l’écrivaine Griselda Gambaro, après l’interdiction par la dictature militaire du roman de Gambaro 'Ganarse la vida'. Ils sont rentrés dans les années 1980 et se sont finalement installés définitivement en Argentine. Le souvenir qu’en livre Duprat inscrit cet exil dans la trajectoire plus large de Distéfano, plutôt que de le considérer comme un épisode isolé.

Le Musée national des Beaux-Arts entretient depuis longtemps une relation avec l’œuvre de Distéfano. Sa collection comprend plusieurs de ses pièces représentatives, parmi lesquelles 'Escalera' (1976), 'El mudo' (1973) et 'Emma traviesa II. Homenaje a Lino Enea Spilimbergo' (2015), entrées dans la collection en 2018, année où il a reçu le Prix national pour l’ensemble de sa carrière artistique. Le musée a organisé une rétrospective en 1998, organisée par Martha Nanni, puis a de nouveau présenté son travail en 2022 dans le pavillon des expositions temporaires avec 'Juan Carlos Distéfano. La memoria residual', sous le commissariat de María Teresa Constantin.

Duprat conclut en revenant sur la singularité du langage sculptural de Distéfano, écrivant que chacune de ses œuvres porte une manière unique de regarder le corps, de le faire parler et de révéler la condition humaine dans la matière. L’hommage paraît dans la Revista Ñ de Clarín, avec un portrait de Distéfano crédité à Gian Paolo Minelli, avec l’aimable autorisation de la Fundación Larivière.

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