Image : Nam June Paik, Hand and Face, 1961
Le Watari Museum of Contemporary Art de Tokyo entame les dernières semaines de « Nam June Paik: Jugemu », une exposition qui marque les vingt ans de la mort de l’artiste. L’exposition a ouvert le 19 juillet 2026 et fermera ses portes le 23 novembre. Dans une publication datée du 10 octobre, le musée a précisé qu’il serait ouvert pendant tout le week-end férié de trois jours ainsi que le mardi suivant.
Le titre emprunte à « Jugemu », une célèbre saynète comique du répertoire du rakugo, dans laquelle des parents donnent à leur enfant un nom absurdement long dans l’espoir de lui assurer une longue vie. Le musée utilise cette histoire comme métaphore de l’œuvre de Paik. Plus d’un demi-siècle s’est écoulé depuis qu’il a présenté pour la première fois de l’art médiatique en Allemagne de l’Ouest, en 1963, et les technologies avec lesquelles il travaillait, des téléviseurs à tube cathodique notamment, ont depuis été supplantées par les écrans plats, les smartphones et l’IA. Selon le musée, ses œuvres n’ont pas pris une ride pour autant ; au contraire, leur originalité apparaît plus nettement avec le temps, car Paik considérait le tube cathodique, la toile et la peinture comme des moyens d’expression également légitimes. L’exposition entreprend de revisiter Paik en tant qu’artiste, écrivain, philosophe et prophète.
Les œuvres présentées couvrent trois décennies. Elles comprennent « Hand and Face » (1961), une vidéo en noir et blanc de moins de deux minutes ; « TV Egg » (1982) ; le dessin au pastel « Time » (1980, présenté en partie) ; la vidéo couleur « Eiheiji Sanka » (1986) ; ainsi qu’un ensemble d’œuvres de 1993, parmi lesquelles « New Candle », réalisée avec des bougies, une caméra et quatre vidéoprojecteurs, une section de l’installation composée de plantes et de moniteurs connue en japonais sous le nom de « Kēji no mori / Mori no keiji », et une œuvre en néon et moniteurs utilisant 72 écrans. La couverture du manuscrit de Paik, « Feed back and Feed forth » (1993), est également exposée.
Né à Séoul en 1932, Paik a étudié l’esthétique au Japon et la musique en Allemagne avant de rejoindre Fluxus en 1961. Les liens entre le Watari Museum et l’artiste remontent à 1978, lorsque son prédécesseur, la Galerie Watari, lui a consacré sa première exposition personnelle sur place, un hommage à John Cage. En 1993, il a représenté l’Allemagne à la 45e Biennale de Venise, dans le premier pavillon allemand après la réunification, et a reçu le Lion d’or ; la même année, le musée a présenté une exposition personnelle de nouvelles œuvres. Paik est mort à Miami en janvier 2006.
Un livre bilingue japonais-anglais consacré à l’exposition doit paraître chez l’éditeur twelvebooks à l’automne 2026.