Des extraits des réjouissances défilent dans un paysage saisissant et en perpétuelle transformation, accompagnés de décalques réalisés par l’artiste à partir des croquis de sa mère disparue.
Patricia Satterwhite souffrait de troubles mentaux et s’est tournée vers le dessin comme forme de thérapie, produisant des milliers d’illustrations consacrées à des sujets très variés, de la médecine à l’astrologie en passant par la culture de consommation. Le jeune Satterwhite intègre ces images dans l’ensemble de son œuvre, rendant hommage à celle dont les encouragements et l’exemple l’ont incité à se consacrer à l’art.
Le titre fait référence au ballroom, une sous-culture qui s’est imposée au sein des communautés LGBTQIA+ dans les années 1980 ; le ballroom mêle mode, musique, performance et militantisme au service de l’expression personnelle et de la construction d’une communauté.
Dans la vidéo, Satterwhite exécute du voguing, une forme de danse très stylisée emblématique du ballroom, et crée des avatars animés en se filmant cent fois devant un écran vert, avant de dupliquer son image, de modifier sa coiffure et de masquer sa peau sous des motifs colorés.
Se mettant en scène sous les traits d’un caméléon, Satterwhite adhère à l’idée, chère au ballroom, que l’identité est fluide, performative et ouverte à l’interprétation.