Image : Castlefield Gallery, Manchester
La Castlefield Gallery de Manchester a présenté « Out Here » du 3 mai au 19 juillet 2026, réunissant des artistes dont les œuvres interrogent les relations avec la nature à travers le dessin, le film, la peinture, la performance, la photographie, l’estampe, la sculpture et l’installation in situ. L’exposition rassemblait Ashleigh Beattie, Shezad Dawood, Emelia Hewitt, Steve Sutton, Adam Rawlinson et Keziah Thomas-Mellor, et plaçait leurs pratiques sous le signe de l’interaction entre l’humain et le non-humain.
La galerie a présenté l’exposition comme une manière de mettre en regard des artistes à différents stades de leur carrière, d’ouvrir un dialogue entre les œuvres tout en les reliant à l’environnement de Manchester. Selon le texte de l’exposition, plusieurs des artistes participants travaillent régulièrement en plein air ou utilisent directement des matériaux naturels, une approche commune qui rattache l’exposition à la recherche écologique autant qu’à l’expérimentation formelle. La Castlefield Gallery a également souligné que Shezad Dawood revenait dans ses espaces à l’occasion de cette exposition, poursuivant une relation de longue date avec la galerie.
L’une des œuvres majeures était « Episode 7: Africana, Ken Bugul & Nemo » (2022) de Shezad Dawood, qui appartient à sa série de films « Leviathan Cycle » et à son projet multimédia au long cours « Leviathan » (2017–en cours). La Castlefield Gallery a indiqué que l’œuvre aborde l’intersection des écologies humaine et non humaine en lien avec le changement climatique, les migrations et la santé mentale. Le film suit des paysages sénégalais en mêlant faits et fiction spéculative, récit et documentaire, et intègre les témoignages de l’écrivaine Ken Bugul et de l’avocate et organisatrice communautaire Africana, toutes deux décrites par la galerie comme engagées dans des pratiques décoloniales.
La contribution d’Ashleigh Beattie, « Cracked Earth » (2026), recouvrait plusieurs surfaces de la galerie d’argile extraite de son jardin de Manchester. La galerie a mis l’œuvre en relation avec les expériences du déplacement et de l’appartenance vécues par Beattie, ainsi qu’avec la terre où elle vit désormais, tout en établissant un lien avec les terres exploitées pour produire le tabac, le coton et le maïs sous la domination coloniale britannique au Zimbabwe. L’œuvre d’Emelia Hewitt associait des techniques photographiques au textile et à l’illustration, et la galerie a mis en avant son recours à des photogrammes sans appareil, tels que les cyanotypes, les anthotypes et les impressions à la chlorophylle, ainsi qu’à des bains de développement plus durables fabriqués à partir d’ingrédients naturels.
La Castlefield Gallery a également insisté sur l’étendue matérielle et conceptuelle du travail des autres artistes participants. Keziah Thomas-Mellor transposait la marche et l’escalade dans les paysages du Royaume-Uni en dessins et en sculptures, ainsi qu’en performances réalisées en direct dans les espaces de la galerie. La peinture abstraite d’Adam Rawlinson s’appuyait sur des recherches consacrées aux lichens, des croquis réalisés lors de promenades en forêt et dans des paysages sauvages nourrissant des œuvres de plus grand format produites en atelier. Steve Sutton travaillait avec des matériaux trouvés naturellement, tels que des arbres tombés, des galets de plage et des restes d’animaux, auxquels s’ajoutaient des matériaux mis au rebut, dans une pratique façonnée par une relation physique ancienne avec la terre.
Le texte de clôture de l’exposition présentait « Out Here » comme une invitation à observer attentivement des détails qui peuvent passer inaperçus : le sol sous nos pieds, les formes en spirale qui se répètent dans les coquillages, les cyclones et les galaxies, ainsi que les lichens poussant le long des branches d’arbres. La galerie envisageait ces rencontres comme une manière de réfléchir à l’histoire, à la politique et aux possibles par le biais d’une attention écologique. Un communiqué de presse et un dossier d’exposition ont été mis à disposition par la Castlefield Gallery, située au 2 Hewitt Street, à Manchester.