Image : Medellín Museum of Modern Art, Medellin
« Los años de la piedra », de Pedro Gómez-Egaña, est présenté dans la Sala B, la Sala C et la nef centrale.
L’exposition propose une descente dans un territoire où vie domestique et géologie se recouvrent, s’appuyant sur la géographie en pente d’Antioquia et sur le patrimoine industriel du bâtiment du MAMM, autrefois une aciérie issue de l’exploitation du charbon.
Son sous-sol n’est pas seulement envisagé comme une profondeur physique, mais aussi comme une dimension spirituelle et onirique : des espaces et des objets quotidiens — notamment des escaliers, un verre, un arbre et le sol — deviennent étranges à travers la figure de la mule spectrale, un être issu de la tradition muletière de la région, qui se déplace entre travail et horreur, entre surface et profondeur.
Le son constitue une architecture centrale de l’exposition. Il s’inspire de mélodies de Bonifacio Bautista et de Víctor Jara pour révéler la vibration intérieure des matériaux ; dans ce champ onirique, les objets respirent, luttent contre la gravité et demeurent suspendus dans une vitalité ambiguë où la distinction entre le vivant et le mort se dissout.
Plutôt que de rechercher une morale pour l’avenir en réponse à l’urgence écologique, Gómez-Egaña se demande quels types d’êtres les humains choisissent d’être aujourd’hui et comment ils se rapportent aux animaux, aux minéraux et aux racines avec lesquels ils partagent le monde.
L’exposition réunit également le charbon et l’eau, confrontant les visiteurs aux monstruosités et aux beautés avec lesquelles ils coexistent.
Né en Colombie, Gómez-Egaña vit et travaille à Oslo ; il a étudié les arts visuels, la performance et la composition musicale à Londres et à Bergen. Sa pratique s’inspire de la transformation géologique, de l’immédiateté algorithmique, de la saturation médiatique et de la culture du travail permanent.