Image : Georg Baselitz. Thaddaeus Ropac, Seoul
Thaddaeus Ropac ouvrira « Per Mano », une exposition consacrée aux œuvres tardives de Georg Baselitz, dans sa galerie Fort Hill de Séoul le 1er septembre 2026, jusqu’au 14 novembre. La galerie indique que l’exposition a été conçue en étroite collaboration avec l’artiste avant sa mort, en avril 2026. Elle ouvrira ses portes à l’occasion d’une nocturne de 17 h à 22 h le mardi 1er septembre, organisée dans le cadre de Hannam Gallery Night pendant Frieze Seoul 2026, où la galerie est également présente au stand C3.
L’exposition réunit deux séries de peintures monotypes que la galerie décrit comme emblématiques de la dernière décennie de la pratique de Baselitz : les œuvres Schatten de 2020 et les peintures Darkness Goldness de 2019, dont aucune n’a encore été montrée en Corée. Il s’agit également de la première présentation de la série Schatten depuis les expositions de Baselitz au musée Sakıp Sabancı d’Istanbul en 2024 et au Museo de Bellas Artes de Bilbao en 2025. La galerie fait remonter l’intérêt pour la mortalité présent dans les deux séries au cycle Avignon, présenté par l’artiste à la 56e Biennale de Venise en 2015, sous le commissariat d’Okwui Enwezor.
Les peintures Schatten prennent pour point de départ le portrait de l’archevêque Filippo Archinto par Titien, vers 1558, conservé au Philadelphia Museum of Art. C’est l’ombre incurvée derrière le modèle, plutôt que le voile célèbre du portrait, que Baselitz reprend à l’envers dans la partie gauche de chaque toile, poursuivant l’inversion qui caractérise son œuvre depuis 1969. La commissaire Pamela Sticht a écrit que ce procédé conduisait les spectateurs vers une nouvelle manière de voir.
Baselitz a réalisé ces œuvres en peignant sur une toile non tendue posée au sol, puis en pressant par-dessus une toile préparée et en transférant l’image à l’aide d’un balai, de sorte que chaque empreinte diffère. Des crânes renversés apparaissent avec des degrés de définition variables, ce que la galerie met en relation à la fois avec le memento mori anamorphique des « Ambassadeurs » de Holbein, réalisé en 1533 et conservé à la National Gallery de Londres, et avec l’intérêt de l’artiste pour les figures de pouvoir songye. Le crâne traverse son œuvre, des tableaux de Pandämonium des années 1960 jusqu’à la sculpture « Zero Ende » de 2013.
Les peintures Darkness Goldness placent des mains dorées monumentales sur des fonds d’un noir profond que la galerie compare à ceux de Lucas Cranach l’Ancien. Elles se distinguent des extrémités amputées de la série « P.D. Füße », réalisée de 1960 à 1963, et des membres gonflés des peintures « Helden », réalisées de 1965 à 1966, proposant une représentation plus fragile du vieillissement de la propre main de l’artiste ; l’historien de l’art José María Parreño a décrit des membres déformés par l’arthrose et une chair usée par l’âge et le travail. Baselitz disait vouloir une apparition, quelque chose qui surgisse des profondeurs.
Les œuvres reproduites dans l’annonce de la galerie comprennent « Der Schatten ist da, man sieht ihn nicht » de 2018, huile sur toile, 310 sur 210 centimètres, et « Schatten 2 » de 2020, huile sur toile, 233 sur 145 centimètres, toutes deux photographiées par Jochen Littkemann. La galerie de Séoul se trouve au 1-2F, 122-1 Dokseodang-ro, Yongsan-gu, et est ouverte du mardi au samedi, de 10 h à 18 h ; elle est fermée depuis le 2 août et rouvrira avec cette exposition.
Une autre rétrospective de Baselitz est présentée ailleurs dans la ville, au Sehwa Museum of Art, où elle a ouvert le 13 août et se poursuivra jusqu’au 27 décembre 2026. Présentée comme la première exposition en Corée depuis la mort de l’artiste, elle couvre soixante années de son œuvre, des motifs récurrents des années 1960 aux années 1980 aux portraits tardifs de son épouse Elke, en passant par la série Remix à partir des années 2000, les corps fragmentés et les aigles, ainsi que la série Gold Painting de ses dernières années. Une conversation réunissant le fils de l’artiste Daniel Blau, l’historienne de l’art Yoon Heekyung et le chroniqueur Lee Hanbit est prévue le mardi 1er septembre à 15 h ; les inscriptions sont déjà closes.