Image : Cau Ferrat Museum, Sitges
Les Museus de Sitges sont revenus sur le tableau de Peter Klasen datant de 2008, « The Beauty and the Dummy », dans une publication commémorant l’anniversaire de naissance de l’artiste. L’œuvre avait auparavant été présentée dans la série « Œuvre du mois » de l’institution, en juillet 2016 ; la publication n’annonce ni nouvelle exposition, ni acquisition, ni événement.
Le tableau est conservé dans la collection de la Fundació Stämpfli-Art Contemporani, à Sitges, où il est répertorié sous le numéro d’inventaire 30. Selon la notice publiée par le musée, il s’agit d’une peinture à l’huile sur toile mesurant 97 sur 146 centimètres. La notice indique que Klasen est né à Lübeck, en Allemagne, en 1935, et qu’il vit et travaille à Vincennes, près de Paris.
« The Beauty and the Dummy » est organisé en quatre sections égales, séparées par des axes verticaux et horizontaux centraux. Chaque section contient une image différente, formant une séquence que le commentaire du musée compare au procédé cinématographique connu sous le nom d’écran partagé. Cette composition permet à des scènes distinctes mais liées d’apparaître simultanément, tout en laissant aux spectateurs le soin de construire leur propre interprétation du récit suggéré par l’image.
Les deux sections supérieures réunissent des figures et des références visuelles contrastées. L’une montre un corps féminin tronqué, aux lèvres peintes en rouge et à la poitrine dénudée, sur lequel se superpose le profil d’un mannequin d’essai de choc signalé par des indicateurs d’impact jaunes et noirs. L’autre présente le visage en noir et blanc d’un jeune homme, que le musée décrit comme tiré d’une image d’un film noir américain des années 1940. Un cercle rouge et des repères de lunette de visée convergent vers son œil gauche, plaçant le tireur supposé à l’endroit même où se tient le spectateur.
Les sections inférieures passent de la figure humaine à l’imagerie industrielle. Elles représentent l’extérieur d’une machine et un conteneur industriel, tous deux couverts de symboles internationaux d’avertissement. L’analyse du musée identifie des signes renvoyant au risque de choc électrique et à la présence de matières inflammables, ainsi que des bandes de danger noires et jaunes et un tube néon bleu entourant l’un des symboles d’avertissement.
L’œuvre appartient à une série plus vaste que Klasen a développée par intermittence des années 1980 à la première décennie du XXIe siècle. Sa pratique, telle que la décrivent les Museus de Sitges, associe le collage à des techniques d’aérographe et à des images tirées de photographies personnelles, de magazines de cinéma, de dépliants publicitaires et d’autres publications. À partir des années 1990, il a également intégré des images numérisées.
Le musée inscrit l’œuvre de Klasen dans le contexte de la Figuration narrative française, un mouvement apparu à la fin des années 1950 et au début des années 1960 en opposition à la domination de l’abstraction. Ses artistes puisaient dans les formes des médias de masse, notamment les journaux, la bande dessinée, le cinéma et la publicité, traitant souvent une image unique comme un récit condensé. Klasen a participé à l’exposition « Mythologies Quotidiennes » organisée en 1964 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, que le musée présente comme une manifestation fondatrice du mouvement. Le texte consacré au tableau par les Museus de Sitges en juillet 2016 demeure la source publiée pour ses détails et son interprétation.