Image : Ana Mendieta, Imágen de Yágul, 1973. © The Estate of Ana Mendieta Collection, LLC. Licensed by Artist Rights Society (ARS), New York / DACS, 2026. Courtesy Marian Goodman Gallery and Alison Jacques, London.
La Tate Modern inaugure une grande exposition consacrée à Ana Mendieta, réunissant des œuvres emblématiques, des films récemment remastérisés, des peintures de jeunesse et des pièces sculpturales tardives de l’artiste américaine née à Cuba. Présentée du 14 juillet 2026 au 17 janvier 2027, l’exposition constitue la première présentation approfondie de l’œuvre de Mendieta au Royaume-Uni depuis plus d’une décennie et comprend des œuvres jamais encore montrées en Grande-Bretagne.
Organisée par la Tate Modern en collaboration avec l’Estate of Ana Mendieta, l’exposition examine une pratique façonnée par les questions du déplacement, de l’identité, de la nature et de la mémoire. Mendieta a été active dans les années 1970 et au début des années 1980, et s’est fait connaître notamment pour sa « Silueta Series », dans laquelle la silhouette ou la trace du corps est formée à partir de matériaux naturels tels que la terre, le feu, l’eau et les fleurs. Des photographies et des films conservent ces interventions souvent temporaires, où la présence s’inscrit à travers une image de l’absence.
L’exposition s’étend également au-delà des murs de la galerie, reflétant l’engagement constant de Mendieta envers le monde naturel. La Tate présente cette exposition comme un regard porté sur une artiste dont l’héritage a changé le cours de l’art contemporain, tout en la positionnant comme une occasion d’appréhender l’ampleur de son œuvre plutôt que ses seules silhouettes les plus familières. Aux côtés des « Siluetas », les visiteurs découvriront des peintures de jeunesse et des œuvres sculpturales plus tardives, ainsi que des films ayant fait l’objet d’un nouveau remastering.
La première section de l’exposition comprend des œuvres issues des retours de Mendieta à Cuba entre 1980 et 1983. Selon la critique d’Eliza Goodpasture publiée dans Art in America, le parcours s’ouvre sur « Esculturas Rupestres » (1981), un ensemble de sculptures taillées dans les grottes calcaires, les falaises et les vallées de Las Escaleras de Jaruco, une réserve naturelle cubaine. La critique met également en avant « Ochún » (1981), le dernier film de Mendieta, qui montre la mer au large de la Floride se déplacer sur et à travers le contour du corps de l’artiste, formé de terre dans une eau peu profonde.
Goodpasture écrit que l’exposition pose la question suivante : « Que devient l’œuvre de Mendieta si nous lui permettons de se tenir par elle-même ? » Sa critique décrit les « Siluetas » (1973–80) comme des empreintes éphémères réalisées dans des lieux tels que les berges de ruisseaux, la neige, les plages et les arbres, les éléments les modifiant ou les effaçant progressivement. L’exposition comprend une reconstitution de l’une de ces installations, élaborée avec les conseils de la nièce de Mendieta, Raquel Cecilia Mendieta.
D’autres œuvres réunissent rituel, performance et transformation. Dans « Anima, Silueta de Cohetes (Firework Piece) » (1976), Mendieta a créé et filmé une forme semblable à un corps, couverte de feux d’artifice, tandis qu’elle se consumait. La présentation de la Tate comprend également des films, des dessins et des peintures qui retracent le passage de l’artiste d’un médium à l’autre, à la recherche de formes de création d’images liées au corps, au paysage et à l’expérience spirituelle.
L’exposition est visible à la Tate Modern, Bankside, Londres. Les billets coûtent 18 £, avec un tarif réduit de 17 £ et des billets Tate Collective à 5 £ ; l’entrée est gratuite pour les membres de la Tate. La programmation associée comprend des horaires mensuels aménagés, des visites de l’exposition les 5 septembre et 3 octobre 2026 ainsi que le 16 janvier 2027, le rassemblement en plein air « Like Spores, We Spread » les 11 et 12 septembre, et un « Ana Mendieta: Film Programme » le 15 octobre.