Image : Rachel Maclean and Dovecot Studios, 'Goo Gaa', 2024. Photography by Dovecot Studios
La Guildhall Art Gallery ouvre l’exposition « Beyond Bayeux: Tapestry Now » le 23 octobre 2026, jusqu’au 21 mars 2027, en collaboration avec Dovecot Studios, à Édimbourg — fondé en 1912 et, selon The Art Newspaper, le plus ancien atelier de tapisserie encore en activité au Royaume-Uni. La présentation de la galerie annonce plus de 20 tapisseries contemporaines réalisées par autant d’artistes, accessibles tous les jours de 10 h à 17 h, avec une entrée à prix libre. La City of London Corporation, qui gère la galerie, a programmé l’exposition au moment de l’arrivée de la tapisserie de Bayeux au British Museum, pour son premier retour au Royaume-Uni en près de mille ans.
La pièce maîtresse est une nouvelle commande passée au peintre nommé au Turner Prize Hurvin Anderson : The Lincoln College 600th Anniversary Tapestry, une tapisserie de six mètres de large qu’une équipe de cinq tisserands a mis plus de sept mois à réaliser. Sa composition s’organise autour d’une longue table de salle à manger, en référence à la tradition des repas du collège d’Oxford ; après sa présentation à la Guildhall, elle sera installée de façon permanente au Lincoln College l’année prochaine, à l’occasion de son six-centième anniversaire.
L’œuvre de Hockney présentée est la version en tapisserie de sa peinture de 1963 « Play within a Play », commandée par l’artiste et tissée chez Dovecot en 1970, lors de sa première collaboration avec l’atelier ; elle représente son galeriste londonien John Kasmin, les paumes et le nez aplatis contre une vitre imaginaire. Le communiqué de la Corporation indique que Hockney est mort en juin 2026 et rappelle qu’il a vécu de nombreuses années en Normandie, à proximité des tapisseries de l’Apocalypse comme de la tapisserie de Bayeux.
Parmi les autres œuvres, « The Garden Carpet » de Farshid Moussavi, réalisée avec Dovecot pour le V&A Dundee en 2025, s’inspire du patrimoine textile persan pour représenter un paradis de plantes et d’animaux sauvages écossais désormais menacés. « Modern Spiritual (Fang Ngil, Kumbaduba) » de Yinka Shonibare interprète des masques africains traditionnels au moyen de chaînes de fils de trame suspendus colorés, de nœuds et de tissages simples et doubles. « Ring Around the Rosy » d’Alberta Whittle joue sur des contours découpés, tandis que « Goo Gaa » (2024) de Rachel Maclean, issu de sa série MAMA et peint à l’origine à l’huile et à l’acrylique sur une toile imprimée numériquement, transpose ses images numériques à travers le rococo français. Tania Kovats est également présente.
Pendant les cinq mois de l’exposition, la galerie prévoit des conférences, des visites historiques et des rencontres avec des artistes et des tisserands. Celia Joicey, directrice de Dovecot Studios, présente l’exposition comme un plaidoyer en faveur de la commande de nouvelles œuvres et des savoir-faire des tisserands britanniques, tandis que Brendan Barns, président de la commission Culture, Patrimoine et Bibliothèques de la Corporation, la relie à la mission de la galerie : être « une galerie d’art sur Londres pour Londres », ainsi qu’à la tradition de la City, qui a commandé des tapisseries pour le Guildhall lui-même.