Image : Mark Moore Fine Art, Orange
Mark Moore Fine Art annonce que le Wadsworth Atheneum Museum of Art a acquis « Portrait (Rembrandt) » (2009) de Jason Salavon, une œuvre majeure de cet artiste installé à Chicago, dont la pratique s’appuie sur des logiciels pour reconfigurer des matériaux visuels partagés. La galerie a décrit cette pièce comme s’inscrivant dans l’exploration continue que mène Salavon de la perception et de l’identité collectives, précisant qu’elle utilise des images de maîtres anciens tels que Rembrandt afin de produire de nouvelles perspectives sur des images familières.
Cette annonce inscrit l’œuvre dans un projet plus vaste consacré au portrait, que Salavon a développé au moyen de procédés logiciels conçus par ses soins. Dans les documents de la galerie, son approche est décrite comme consistant à rassembler de vastes ensembles de matériaux communs et à les réorganiser pour faire apparaître des motifs dans la relation entre la partie et le tout, ainsi qu’entre l’individu et le groupe. Plutôt que de traiter les images sources comme des éléments figés, Salavon recourt au calcul informatique pour produire des compositions à la fois familières et transformées.
Le nom du Wadsworth Atheneum revêt une importance institutionnelle particulière dans cette annonce. La galerie le présente comme le plus ancien musée d’art public des États-Unis à fonctionner sans interruption, fondé en 1842 par le mécène Daniel Wadsworth et ouvert au public en 1844. Le musée est également crédité, dans les documents, d’un long historique de premières acquisitions et d’initiatives pionnières, notamment l’achat d’œuvres de Caravaggio, Frederic Church, Joseph Cornell, Salvador Dalí et Joan Miró, ainsi que l’organisation de premières présentations américaines consacrées aux maîtres du baroque italien, aux surréalistes et à Picasso.
Selon la galerie, « Portrait (Rembrandt) » fait partie des œuvres de la « Portrait Series » de Salavon et constitue probablement le dernier volet d’une série plus vaste commencée en 1997. Cette série, telle qu’elle est décrite dans le texte de l’e-mail, s’appuie sur les œuvres de portrait de Franz Hals, Rembrandt Harmenszoon van Rijn, Anthony van Dyck et Diego Velazquez ; la moyenne arithmétique simple de reproductions donne naissance à des méta-portraits empreints d’atmosphère. La note de l’artiste figurant dans les documents sources situe le projet en 2009, après des visites au Prado, au Louvre et au Met avec son père.
Selon la page de l’artiste de la galerie, l’œuvre de Salavon a été largement exposée et collectionnée par de grandes institutions. Sa biographie mentionne des expositions personnelles dans des villes comme New York, Chicago, Los Angeles, Washington, Londres, Cologne, Séoul, Bâle et Paris, ainsi que des expositions dans des lieux tels que le Metropolitan Museum of Art, la Smithsonian Institution et le Los Angeles County Museum of Art. La même page recense parmi les collections publiques l’International Center of Photography, le Whitney Museum of American Art, le Metropolitan Museum of Art, le Columbus Museum of Art et le Cleveland Museum of Art.
La page de l’artiste de la galerie situe également la méthode de Salavon dans une logique d’agrégation générée par logiciel, appliquée à la culture et aux images du quotidien. Elle décrit des compositions finales pouvant prendre la forme de tirages photographiques ou d’installations vidéo, tandis que d’autres projets existent dans des environnements logiciels en temps réel. Dans cette perspective, « Portrait (Rembrandt) » rejoint un ensemble d’œuvres où les techniques computationnelles ne servent pas à effacer les matériaux sources, mais à les réorganiser en une image unique qui conserve simultanément la mémoire de nombreuses sources.