Le musée d’Art moderne Astrup Fearnley d’Oslo inaugurera le 12 juin 2026 une rétrospective de l’artiste colombienne Beatriz González, réunissant plus de 150 œuvres jusqu’au 11 octobre. L’exposition retrace la pratique de González des années 1960 à nos jours, en inscrivant l’une des artistes les plus influentes d’Amérique latine dans le contexte d’un grand musée européen.
Selon le musée, González est connue pour ses couleurs franches et son style graphique singulier, ainsi que pour la manière dont son travail interroge le pouvoir des images dans la vie quotidienne. La rétrospective s’appuie sur des sources que González a réunies tout au long de sa vie en Colombie, notamment des reproductions endommagées de peintures canoniques de l’art occidental et des coupures de presse consacrées à des morts violentes, aux conflits et à la perte. Entre ses mains, ces matériaux deviennent le fondement d’un travail qui aborde la puissance des images comme instrument à la fois culturel et politique.
Le musée décrit la pratique de González comme une confrontation ludique avec l’influence dominante de l’iconographie occidentale, qui s’intéresse également aux conceptions socialement construites du goût et aux hiérarchies visuelles associées aux différents médias et aux différentes cultures. Son œuvre est présentée ici comme une critique constante de la manière dont les images communiquent, influencent et façonnent la perception, tout en reconnaissant les histoires de violence et de déplacement. La rétrospective souligne comment un ensemble d’œuvres profondément colombien s’adresse à des questions plus larges de pouvoir et de représentation.
L’étendue de la pratique de González est au cœur de l’exposition. Outre la peinture, le dessin, la sculpture et la gravure, elle a utilisé comme supports des meubles tels que des lits, des tables et des téléviseurs. Elle a également réalisé de monumentales toiles de fond scénographiques et de grandes installations pour l’espace public. Le musée inscrit ces formes variées dans des thématiques comprenant la violence politique, la crise climatique et la vie des communautés autochtones, donnant à voir une pratique qui se déploie entre une forte ancrage local et des préoccupations mondiales plus vastes.
La présentation d’Oslo s’inscrit dans une coproduction itinérante qui a débuté à la Pinacoteca de São Paulo et se poursuivra au Barbican de Londres avant d’arriver à l’Astrup Fearnley. Le musée cite Pollyana Quintella et Natalia Gutiérrez comme commissaires à la Pinacoteca, Lotte Johnson au Barbican Centre, et Solveig Øvstebø, directrice de l’Astrup Fearnley Museum, comme commissaire à Oslo. Cette structure internationale témoigne de l’ampleur de l’attention institutionnelle désormais portée à l’œuvre de González.
L’exposition est importante non seulement par sa taille, mais aussi parce qu’elle inscrit dans une conversation transnationale plus large une artiste dont le travail s’est depuis longtemps confronté à la mémoire collective, à la violence politique et à la culture visuelle. À l’heure où les musées continuent de réévaluer les images et les histoires qui façonnent l’histoire de l’art, la rétrospective de González offre un exemple particulièrement éclairant de la manière dont la conception contemporaine des expositions peut relier l’expérience régionale aux débats mondiaux sur le pouvoir, la représentation et la vie publique des images.