Le Musée finlandais de la photographie, à Helsinki, présente « Our Hearts Can Break Too » (« Myös meidän sydämet voivat särkyä »), une nouvelle œuvre de l’artiste Iiris Elena Rusi qui examine l’hostilité dirigée contre les travailleurs du sexe en Finlande. L’exposition se tient du 9 octobre au 29 novembre 2026 dans les locaux du musée, à la Cable Factory.
Née en 1991, Rusi est une artiste pluridisciplinaire basée à Helsinki dont la pratique aborde la morale, la sexualité et les rapports de pouvoir entre la société et l’individu. Elle s’appuie sur sa propre expérience et se donne elle-même à voir ; le musée décrit toutes ses œuvres comme des performances. Dans cette pièce, elle en est à la fois le visage et la narratrice.
L’œuvre trouve son origine dans des événements survenus en 2021. En février de cette année-là, le magazine Me Naiset a interviewé Rusi en tant que travailleuse du sexe et artiste plasticienne pour sa série Toisintekijä. L’article a été largement relayé, et les espaces de commentaires se sont remplis de remarques sur son apparence, son pouvoir de séduction et sa moralité. Par la suite, raconte-t-elle, un jeune homme lui a lancé une injure dans l’Asematunneli d’Helsinki avant de s’éloigner en souriant.
Dans l’exposition, des commentaires anonymes publiés en ligne sont mis en regard d’images de travailleurs du sexe vaquant à leur activité quotidienne. Pour ce projet, Rusi a rencontré en personne des travailleurs du sexe : des personnes d’âges différents qui exercent volontairement et indépendamment et proposent un éventail de services. Toutes ont participé sous pseudonyme, et Rusi ne connaît pas leur véritable identité.
L’œuvre met également en lumière une zone grise juridique. En Finlande, l’achat et la vente de services sexuels à titre privé ne sont pas illégaux, mais la loi ne reconnaît pas les termes « travail du sexe », « travailleur du sexe » ou « sexe rémunéré ». Selon le musée, la stigmatisation associée à cette activité persiste en 2026.
L’exposition s’inscrit dans le programme 2025–26 du musée, « Textures of Security », sélectionné à l’issue d’un appel à projets ouvert par l’équipe curatoriale du musée et le commissaire invité Farbod Fakharzadeh, avec le soutien de la Finnish Heritage Agency. Tradeka en est le partenaire principal, avec Pro AV Saarikko Oy comme partenaire.