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Le Reina Sofía rouvre le palais de Velázquez avec « The Wayward Pearl »

Le Reina Sofía rouvre le palais de Velázquez avec « The Wayward Pearl » Image : Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid

Le Museo Reina Sofía rouvrira le palais de Velázquez, dans le parc du Retiro, avec « The Wayward Pearl », une exposition consacrée à l’artiste madrilène Fernando Sánchez Castillo. Présentée du 24 juin 2026 au 8 mars 2027, l’exposition est accessible gratuitement et installée au palais de Velázquez, à Madrid.

Le musée décrit la pratique de Sánchez Castillo comme fondée sur l’idée que « l’art est une force qui fait trembler les récits de l’État ». Travaillant principalement la sculpture, il intervient sur les formes à travers lesquelles le pouvoir se représente, en déconstruisant leurs symboles et en révélant les récits fragiles qui les soutiennent. Son œuvre, telle que la présente le musée, examine les monuments, les images, les gestes et les légendes afin de montrer l’histoire non comme un récit établi, mais comme un champ de conflits permanents qui continue de façonner le présent.

Le texte de l’exposition insiste sur l’usage que fait l’artiste de la transformation comme méthode critique. Sánchez Castillo travaille à partir des vestiges de l’histoire, modifiant les matériaux, l’échelle et la fonction de manière à subvertir le rapport à l’objet d’origine. Dans les exemples donnés par le musée, « une sculpture monumentale devient une balançoire pour enfant », des robots deviennent des outils d’abstraction et deux camions antiémeute « dansent un pas de deux ». Ces transformations servent à interroger les formes de normalité admise et à révéler comment l’autorité, l’obéissance et la représentation sont souvent présentées comme naturelles alors qu’elles sont en réalité construites.

« The Wayward Pearl » met également Sánchez Castillo en dialogue avec l’histoire de l’art, du baroque aux avant-gardes du XXe siècle, en passant par le minimalisme et l’art conceptuel. Le titre de l’exposition fait référence à La Perla Peregrina, la célèbre perle découverte au Panama au XVIe siècle. Selon le musée, l’histoire de cette perle condense des idées de singularité, de valeur et d’autorité : elle entra dans la cour de Philippe II d’Espagne, apparut dans des portraits de Diego Velázquez et de son atelier, puis traversa des histoires politiques et privées tumultueuses avant de disparaître après une vente aux enchères en 2011.

Le musée utilise la perle comme cadre conceptuel pour aborder la violence, la beauté et la transformation. Les perles, souligne-t-il, naissent d’une intrusion : un corps étranger pénètre dans le mollusque, qui réagit en le recouvrant de nacre. Ce processus, suggère le texte, reflète la manière dont l’histoire accumule des strates de récits, d’images et de rituels autour d’actes fondateurs de violence. L’œuvre de Sánchez Castillo est présentée comme une réponse artistique à cette condition : elle isole le traumatisme et le restitue sous une forme altérée plutôt que de le dissoudre dans la tradition.

L’exposition est organisée par Ferran Barenblit et produite par le Museo Reina Sofía. La page de l’exposition en ligne indique comme lieu le parc du Retiro, palais de Velázquez, et précise que l’entrée est gratuite. Le programme estival du musée mentionne également l’exposition parmi ses expositions temporaires de 2026, aux côtés d’autres projets présentés sur le site principal et dans le complexe environnant.

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